Les délais ci-dessous sont des repères généraux. Le bail, la date des actes, les règles transitoires et les décisions du juge peuvent modifier la procédure.
Une expulsion locative n’est pas un acte unique. C’est une succession d’étapes destinées à faire constater ou prononcer la résiliation du bail, obtenir un titre exécutoire puis, si le locataire ne part pas, organiser la libération des lieux. Le propriétaire ne peut pas remplacer cette procédure par un changement de serrure, une coupure d’énergie ou le retrait des biens de l’occupant.
La chronologie commence souvent bien avant l’assignationAssignation : définition, effets pratiques et points à vérifier pour le propriétaire bailleur confronté à la procédure d’expulsion.. Un décompte fiable, des relances documentées et la déclaration à l’assurance ou à la caution peuvent déterminer la suite. Notre simulateur de chronologie permet de visualiser les principales dates, sans promettre la durée réelle d’un dossier.
1. Vérifier la dette et les garanties
Le premier impayé doit être identifié par période et par poste. Séparez le loyer, les provisions ou régularisations de charges, les paiements partiels et les éventuels frais dont la récupération repose sur un fondement vérifiable. Un total global sans détail est difficile à contrôler et facilite les contestations.
Rassemblez :
- le bail complet et ses annexes ;
- l’état des lieux et l’identité de tous les titulaires ;
- un décompte mensuel actualisé ;
- les relevés établissant les paiements reçus ;
- l’engagement de caution ;
- le contrat d’assurance loyers impayésAssurance loyers impayés (GLI) : définition, effets pratiques et points à vérifier pour le propriétaire bailleur confronté aux impayés et au recouvrement. ;
- les courriers et courriels et propositions d’échéancier.
La garantie doit parfois être mobilisée dans un délai contractuel. Une déclaration tardive peut compromettre la prise en charge. La caisse d’allocations familiales, la caution et d’autres interlocuteurs peuvent aussi être concernés selon la situation. Ces démarches n’autorisent pas à différer indéfiniment la vérification du fondement judiciaire.
Le calculateur de dette locative produit un premier décompte. Son calcul d’intérêts reste simplifié : chaque échéance peut avoir son propre point de départ et les taux changent chaque semestre.
2. Faire délivrer un commandement de payer
Lorsque le bail d’habitation contient une clause résolutoireClause résolutoire : définition, effets pratiques et points à vérifier pour le propriétaire bailleur confronté aux impayés et au recouvrement., sa mise en œuvre pour une dette de loyer ou de charges passe en principe par un commandement de payerCommandement de payer : définition, effets pratiques et points à vérifier pour le propriétaire bailleur confronté aux impayés et au recouvrement. délivré par un commissaire de justice. L’acte doit respecter les mentions et informations prévues par l’article 24 de la loi du 6 juillet 1989.
Le délai est de six semaines pour les baux conclus, renouvelés ou tacitement reconduits sous le régime issu de 2023. Un bail antérieur non renouvelé ni reconduit depuis peut rester soumis au délai de deux mois. Le point de départ est la délivrance du commandement.
Le locataire peut payer, contester le montant, solliciter des aides ou demander des délais. Un règlement partiel doit être intégré au décompte sans faire disparaître le solde. Si le bail ne contient pas de clause résolutoire valable, une résiliation judiciaire peut encore être envisagée, mais le raisonnement et les demandes ne sont pas identiques.
Une simple mise en demeure générée en ligne ne remplace pas ce commandement. Elle peut formaliser une relance et préparer les informations, mais ne doit jamais être présentée comme un acte de commissaire de justiceL'acte de commissaire de justice donne date certaine à la signification d'un congé ou d'un commandement, là où la lettre ne suffit pas..
3. Assigner devant le juge des contentieux de la protection
À défaut de régularisation suffisante, le locataire peut être assigné devant le juge des contentieux de la protectionLe JCP juge les litiges locatifs : impayés, résiliation du bail et expulsion. Compétence, saisine et déroulement pour le bailleur., généralement au tribunal judiciaire du lieu du logement. L’assignation expose les faits, le bail, le décompte et les demandes. Selon le dossier, le bailleur peut solliciter le paiement, la résiliation ou le constat de la clause résolutoire, l’expulsion et une indemnité d’occupation.
Des formalités précèdent l’audience, notamment la notification de l’assignation au représentant de l’État dans les conditions prévues par les textes. La prévention des expulsions et les organismes compétents peuvent également intervenir.
Le calendrier du tribunal n’est pas un délai légal prévisible par un calculateur. Une audience peut être fixée plus ou moins rapidement selon la juridiction, la période et les incidents procéduraux. Toute date affichée par notre outil au-delà des minima identifiés est donc libellée comme une estimation.
4. L’audience et la décision du juge
Le juge contrôle les actes et le montant réclamé. Le locataire peut contester la dette, le commandement, la clause, les notifications ou présenter sa situation financière. Dans les conditions prévues par l’article 24, des délais de paiement peuvent être sollicités et la clause résolutoire peut être suspendue pendant leur exécution.
Le propriétaire doit apporter des pièces lisibles, numérotées et actualisées. Un tableau arrêté plusieurs mois avant l’audience doit être complété par les échéances et règlements nouveaux. Si une assurance a indemnisé certaines sommes, la présentation doit éviter une double demande et tenir compte des droits de l’assureur.
La décision peut :
- condamner au paiement de tout ou partie de la dette ;
- constater ou prononcer la résiliation ;
- ordonner l’expulsion ;
- fixer une indemnité d’occupation ;
- accorder des délais ou assortir la décision de conditions.
Il n’est pas possible d’annoncer le résultat avant lecture du dossier. Le juge conserve son pouvoir d’appréciation et les voies de recours doivent être examinées à partir de la décision rendue.
5. Signifier le jugement et délivrer le commandement de quitter
Une décision ne doit pas être exécutée sur la seule base d’une copie reçue par le propriétaire. Sa signification et son caractère exécutoire doivent être vérifiés. Le commissaire de justice conduit la phase d’exécution et, si l’occupant ne quitte pas volontairement les lieux, délivre un commandement de quitter.
Le Code des procédures civiles d’exécution prévoit un délai de principe de deux mois à compter du commandement de quitter les lieux. La date exacte ne peut être calculée sans l’acte et la décision.
L’indemnité d’occupation peut continuer à courir jusqu’à la libération effective. Son montant ne correspond pas nécessairement automatiquement au dernier loyer. Reportez-vous au dispositif du jugement et actualisez les paiements jusqu’à la remise des clés.
6. Tenir compte de la trêve hivernale
La trêve hivernale se déroule en principe du 1er novembre au 31 mars inclus. Elle suspend l’exécution matérielle de certaines expulsions, mais n’interdit pas de délivrer tous les actes, de saisir le juge ou d’obtenir une décision. Des exceptions existent et doivent être vérifiées, en particulier selon la nature de l’occupation et des lieux.
Attendre le printemps avant de commencer la procédure peut donc ajouter plusieurs mois inutiles. À l’inverse, disposer d’un jugement avant le 1er avril ne garantit pas une intervention immédiate : le commandement, les délais, les demandes de l’occupant et la force publique restent à traiter.
Le simulateur décale au 1er avril une date théorique qui tomberait pendant la trêve. Ce mécanisme est volontairement prudent et ne vaut pas qualification de votre situation.
7. Demander le concours de la force publique
Si l’occupant ne part pas et que l’expulsion ne peut être exécutée sans assistance, le commissaire de justice sollicite le concours de la force publique. Le préfet examine la demande. Le calendrier dépend des services, de la complétude du dossier et des circonstances locales.
Un refus explicite ou l’absence de concours dans les conditions applicables peut poser la question de la responsabilité de l’État et d’une indemnisation. Cette procédure est distincte de la dette due par l’ancien locataire. Elle exige la conservation des demandes, réponses et procès-verbaux.
Le propriétaire ne doit pas profiter d’une absence temporaire pour reprendre les lieux lui-même. La remise des clés, un départ volontaire ou un abandon apparent doivent être constatés de manière juridiquement exploitable.
8. Après la libération des lieux
La reprise effective ne clôt pas automatiquement le dossier financier. Un état des lieux ou un constat peut être nécessaire, les clés doivent être inventoriées et le décompte arrêté. Les dégradations locatives se distinguent de la vétusté et doivent être reliées à des preuves et à l’état initial.
La dette résiduelle peut faire l’objet de mesures d’exécution selon la solvabilité et les informations disponibles. Le dépôt de garantie est liquidé dans son cadre propre. Conservez le jugement, les significations, procès-verbaux et justificatifs même après la restitution.
Pour approfondir les étapes les plus sensibles, consultez le guide de l’assignation devant le JCP, celui consacré à la trêve hivernale du point de vue du propriétaire et le détail du concours de la force publique.
Questions liées
- Combien de temps dure une procédure d’expulsion ?
- Peut-on expulser un locataire avec des enfants ?
- Peut-on expulser un locataire pour troubles de voisinage ?
Pour situer précisément votre dossier, vous pouvez transmettre les dates et actes déjà accomplis. Vos informations sont adressées directement à Maître Clara Anidjar, sans promesse d’issue ni de calendrier.
Quelles sont les obligations du propriétaire en cas de départ volontaire du locataire avant la fin de la procédure d’expulsion ?
Si le locataire quitte volontairement les lieux avant la fin de la procédure d’expulsion, le propriétaire doit s’assurer que le départ est juridiquement constaté. Cela peut inclure la réalisation d’un état des lieux de sortie et la récupération des clés. Le propriétaire doit également vérifier que le logement est effectivement libéré de toute occupation et que le locataire n’a pas laissé d’effets personnels. Il est conseillé de documenter ces étapes par des preuves écrites ou photographiques pour éviter toute contestation future. Le propriétaire doit ensuite procéder à la liquidation du dépôt de garantie selon les règles applicables, en tenant compte des éventuelles dégradations locatives constatées. Enfin, il est important de conserver tous les documents relatifs à la procédure d’expulsion, même si celle-ci n’a pas été menée à son terme, pour se prémunir contre d’éventuelles réclamations ultérieures.