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Expulsion · Guide pratique

Commandement de quitter les lieux : délai de deux mois, trêve et suites

Le commandement de quitter les lieux ouvre deux mois avant l'expulsion : mentions obligatoires, trêve hivernale, délais du juge, puis force publique.

Maître Clara Anidjar

Questions fréquentes

Quel délai laisse le commandement de quitter les lieux ?

Deux mois à compter de sa signification lorsque le logement est habité. Le juge peut supprimer ce délai en cas de mauvaise foi ou d'entrée par voie de fait, le prolonger de trois mois au plus en cas de dureté exceptionnelle, et accorder des délais d'un mois à un an quand le relogement ne peut avoir lieu dans des conditions normales.

Peut-on délivrer un commandement de quitter les lieux pendant la trêve hivernale ?

Oui. La trêve suspend l'expulsion elle-même, du 1er novembre au 31 mars, pas les actes qui la préparent. Le délai de deux mois court pendant l'hiver ; si l'occupant est encore là au 1er novembre, l'expulsion attend le 1er avril, sauf relogement assuré ou entrée par voie de fait dans le domicile d'autrui.

Que se passe-t-il si le locataire reste après le délai ?

Le commissaire de justice requiert le concours de la force publique auprès du préfet, avec le titre exécutoire et l'exposé de ses diligences. Le silence du préfet pendant deux mois vaut refus, et ce refus ouvre droit à une indemnisation par l'État.

Le commandement de quitter les lieux peut-il être annulé ?

Oui, s'il omet l'une des quatre mentions exigées à peine de nullité : le titre exécutoire, le juge compétent pour les délais et contestations, la date de libération des locaux et l'avertissement de l'expulsion forcée. Un acte nul oblige à en faire délivrer un nouveau, et le délai repart.

Sources officielles